Le robot : esclave ou maître ?

Dès 270 avant JC, l’homme a créé des machines capables de faire des choses toutes seules. Elles ont immédiatement fasciné par leurs performances mais également alimenté l’imaginaire collectif ainsi qu’en témoignent les histoires mettant en scène des objets qui prennent vie (par exemple Pinocchio ou Frankenstein) mais aussi et surtout les nombreux romans de science-fiction dont le fameux Cycle des Robots de Isaac Asimov pour n’en citer qu’un. Aujourd’hui, ces robots font partie de notre quotidien  (robots industriels, thermostats automatiques, aspirateurs-robots, satellites et sondes spatiales, pilotes automatiques, drones, bots, agents de recherche ou de recommandations, etc.) ou sont en passe de le devenir (voitures sans chauffeur, etc.). Si certains robots nous sont si familiers que nous n’y prêtons plus attention, d’autres nous fascinent et nous terrifient tout à la fois.

Pourquoi? En raison de leur capacité à penser et à avoir des sentiments comme des humains. C’est le point de vue exprimé par Russell Belk, dans le dernier numéro de Recherche et Applications en Marketing  en réaction à la recherche publiée par Alain Goudey et Gaël Bonnin (voir notre précédent billet, Le robot-compagnon : un ami trop humain ?).

(c) Michaël Korchia

Des robots dotés de pulsions ?
(photo de Michaël Korchia)

Quand le robot sort du rang…

Tant que le robot est un « esclave » au service de l’humain, il est facilement accepté. En revanche, lorsqu’il transgresse la frontière de nos catégories habituelles (d’un côté les hommes, de l’autre les machines), autrement dit quand il commence à penser et avoir des sentiments, il remet en cause les propriétés définitoires de l’humain (notamment par rapport aux espèces considérées comme inférieures). L’intelligence et l’émotion suffisent ; pas besoin de ressembler physiquement à un humain pour que le robot soit anthropomorphisé.

Ce robot semblable à un humain sur le plan de la pensée et des sentiments fait peur… A double titre. Tout d’abord, il réveille chez l’humain, la peur existentielle qu’un jour, il puisse ne plus dominer et être égalé voire surpassé par les robots qu’il a créés. Cela renvoie à la crainte atavique que l’élève ne domine le maître et lui échappe. Ensuite, un robot qui serait un être vivant, sensible et doté de capacités cognitives croissant à un rythme exponentiel, pose la question de savoir si l’Homme n’aurait pas  créé sa « dernière invention » avec des robots devenus autonomes et même capables de se reprogrammer. Cela renvoie à la question de l’avenir de l’humain et même de l’humanité.

Mais alors que faire?

Russel Belk propose de réflechir aux implications de la place croissante de robots de plus en plus intelligents dans nos vies quotidiennes. Tout d’abord, d’un point de vue éthique, avec un double regard. D’un côté, comme faire des robots éthiques dont nous n’aurions plus rien à craindre? De l’autre côté, dès lors que les robots sont considérés comme des êtres pensants et doués de sentiments, comment leur assurer une place, aux yeux de la loi, dans la société? Avec par exemple, des interrogations autour de la possibilité de se marier avec des humains, d’adopter et élever des enfants. Ces questions, posées dans la série Humans, ne relèveront bientôt plus de la science fiction.

Ensuite, Russel Belk, nous convie à nous projeter dans la situation où les robots seraient devenus l’espèce dominante… Nous devrions alors nous attacher à comprendre ce que pensent et ressentent ces êtres vivants, dotés d’une conscience et sensibles, afin de pouvoir leur plaire! Dans l’hypothèse où ce scénario se produirait, il ne nous reste plus qu’à concevoir un successeur digne de ce que nous sommes !

Russell Belk (2016), Comprendre les robots, commentaire sur Goudey et Bonnin (2016), Recherche et Applications en Marketing, 31(4), p.89-97.

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