Au secours, ils sont partout ! Objets connectés : les Français-e-s font de la résistance !

Fourchette, frigo, poêle, brosse à dents /  cheveux, lunettes, porte-clé, bracelet d’activité, balance, thermomètre, tensiomètre, pilulier, vêtement, montre ? Vous possédez certains de ces objets connectés? Alors vous faites partie de ceux-elles qui valorisent leur praticité, le gain de temps et d’énergie qu’ils permettent, les nouveaux services (santé, environnement…) qu’ils offrent. Vous n’en possédez pas ? Alors comme 2/3 des Français-e-s vous pensez sans doute que ce sont des gadgets dont on peut se passer, souvent chers, susceptibles d’engendrer de la dépendance, de favoriser le repli sur soi et pour lesquels le risque est grand quant à la sécurité de ses données personnelles.

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Les objets connectés entrent vraiment partout…

Objets connectés : kézako ?

Ce sont des objets qui intègrent trois éléments : des capteurs permettant d’identifier et de mesurer des données (tension artérielle, température…), des actionneurs qui vont agir en fonction des données captées et un système de transmission de ces données. Ils sont caractérisés par la connectivité puisque les objets intègrent des protocoles de communication permettant l’échange d’informations avec leur environnement (d’autres objets, des serveurs …). Ces sont des objets dotés d’une certaine intelligence qui leur permet de prendre des decisions en toute autonomie en fonction de données préalablement enregistrées. Enfin, ils possèdent un don d’ubiquité : ils sont partout, tout le temps.

Présentés il y a tout juste 2 ans comme le Graal de la high-tech française, ces objets peinent à trouver leur public. Tous les acteurs rencontrent des difficultés ; même Apple avec son Apple Watch… Quelles sont les raisons de cette résistance à l’adoption d’objets supposés créer un véritable engouement ?

Résistance… oui mais à quoi ? Avec quels mots ?

C’est la question posée par Inès Chouk et Zied Mani dans un article publié dans Décisions Marketing. Grâce à une étude netnographique menée sur cinq communautés en ligne (Futura-sciences.com, Frandroid.com, Mac4evever.com, Numerama.com et Developpez.com), les auteurs identifient trois groupes de facteurs de résistance aux objets connectés et deux tonalités de discours.

Trois facteurs de résistance

Le premier facteur de résistance – le plus important – est lié au système des  objets connectés et comprend le risque de surveillance des consommateurs (déplacements, consommation, activité physique, etc.), la privation de leur liberté de choix d’utiliser des objets connectés, le scepticisme par rapport aux pratiques commerciales des entreprises (publicité mensongère) et la défiance envers leurs intentions réelles. Le deuxième facteur réfère aux objets eux-mêmes : l’utilité perçue, la sécurité perçue, la fiabilité fonctionnelle (durabilité, véracité des données collectées) et la complexité d’utilisation perçue (prise en main, installation d’un logiciel). Enfin, le troisième facteur concerne le consommateur : son anxiété et son stress en cas de panne de l’objet mais aussi par rapport à l’atteinte d’objectifs personnels (performances, perte de poids, sommeil, etc.), sa peur de perdre le contrôle sur l’objet (paramétrage, personnalisation, réparation, etc.), son inquiétude face à une dépendance fonctionnelle et psychologique, sa crainte  d’une intrusion dans sa vie privée et finalement le risque lié à sa santé (en raison des ondes émises en permanence qui pourraient avoit un effet sur leur corps et leur cerveau).

Deux tonalités de discours

Ces résistance s’expriment au travers d’un discours rationnel qui certes émet des critiques mais aussi recherche des explications et propose des solutions. Il contraste avec le discours complotiste – légèrement majoritaire – qui reflète une forme de résistance idéologique et qui tour à tour adopte un ton violent, ironique ou catastrophiste.

Comment limiter la résistance face aux objets connectés ?

Les recommandations des auteurs s’articulent autour de cinq axes. Premièrement, un axe institutionnel où l’Etat est appelé à jouer un rôle de régulateur du système dans le but d’instaurer ou de restaurer la confiance mais aussi d’investisseur afin de ne pas laisser le champ aux entreprises privées dans des domaines sensibles (impliquant des données de santé par exemple). Deuxièmement, un axe technique qui enjoint les acteurs à renforcer la sécurité des objets connectés, à faciliter leur utilisation grâce à un design ergonomique et enfin à améliorer leur compatibilité fonctionnelle. Troisièmement, un axe commercial, qui promeut des objets connectés utiles accompagnés de services, source de plus grande valeur. Quatrièmement, un axe éthique qui prône une plus grande transparence dans la collecte, le stockage et l’utilisation des données personnelles. Et cinquièmement, un axe communicationnel qui recommande d’être à l’écoute des consommateurs et de prendre en compte en amont leurs besoins par des démarches de co-création notamment.

Finalement, ces mesures seraient-elles de nature à réduire votre résistance aux objets connectés ?

Chouk I. et Mani Z. (2016), Les objets peuvent-ils susciter une résistance de la part des consommateurs ? Une étude netnographique, Décisions Marketing, 84, 19-41.

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