Je n’arrête pas de gaspiller des objets et je le sais bien !

Réduire de 50% la quantité de déchets mis en décharge à l’horizon 2025 ! C’est possible? C’est en tous cas, l’objectif affiché par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte en Europe.

Lutter contre le gaspillage, c’est l’affaire de toutes et tous !

 Une variété d’acteurs se sont mobilisés et les actions proposées sont très nombreuses en vue de l’atteinte de cet objectif. Par exemple, le Ministère de la transition écologique et solidaire met à  disposition sur le site Ca suffit le gâchis un ensemble d’outils, un ensemble de trucs, astuces et de témoignages, à destination des particuliers, entreprises et collectivités, pour encourager la lutte contre le gaspillage. La Semaine Européenne de la Réduction des Déchets (rendez-vous du 17 au 25 novembre 2018) a été créée afin de sensibiliser à la prévention des déchets. Les enseignes de distribution aussi ont bien compris l’enjeu de la lutte contre le gaspillage, par exemple Carrefour, Leclerc ou encore Lidl communiquent sur leur initiatives visant la réduction des emballages, de leur consommation d’énergie, de leurs émissions polluantes, l’éducation de leurs consommateurs, etc. Citons également le développement d’applications mobiles, d’objets connectés,  de serious games, ou encore la mise en place de frigos partagés dans les rues, la proposition de cours de cuisine, de jardinage… La liste est loin d’être exhaustive !

403px-nobody_likes_to_see_good_food_go_to_waste5e_-_nara_-_533917

La lutte contre le gaspillage n’est pas une préoccupation nouvelle…

Le gaspillage n’est pas qu’alimentaire

Si ces initiative, fort louables au demeurant, participent de la lutte contre le gaspillage, elles sont bien souvent limitées au domaine de l’alimentaire. Or le gaspillage concerne tous les objets. Que sait-on de la perception que les consommateurs ont du gaspillage des objets? Dans quelles situations perçoivent-ils qu’ils gaspillent? Peut-on les qualifier? C’est l’enjeu de la recherche de Valérie Guillard et Eva Delacroix, récompensée au Congrès de l’AFM 2018 à Strasbourg par le Prix de la meilleure communication.

Identifier les situations où le consommateurs perçoivent du gaspillage

Pour répondre à ces questions, les chercheures ont conduite deux études : tout d’abord une analyse qualitative composée de deux vagues d’entretiens (266 entretiens courts en face-à-face suivis de 20 entretiens longs et d’observations à domicile) et une expérimentation au cours de laquelle de 466 personnes ont été exposées à l’un des 5 scénarios correspondant à des situations différentes de gaspillage.

Le gaspillage est perçu dans toutes les phases de consommation

Les consommateurs ont le sentiment de gaspiller au moment d’acheter des objets, de les utiliser, quand ils les stockent ou encore quand il s’agit de s’en défaire. Ainsi, le gaspillage résulte du fait d’acheter des objets inutiles, en trop grande quantité, de manière impulsive, d’acheter des objets qui ne correspondent pas à un véritable besoin, qui sont de mauvaise qualité, etc. Au final, ces objets sont mal, peu ou pas utilisés et finalement stockés (par choix ou négligence). Stocker des objets qui alors pourraient être donnés induit un sentiment de gaspillage, toutefois inférieur à celui de se défaire d’objets qui pourraient encore avoir une utilité.

Jeter et remplacer sont les situations qui évoquent le plus fort sentiment de gaspillage

Le summum du gaspillage est de remplacer ou de jeter un objet qui marche encore (et donc qui pourrait être réparé). Les consommateurs évoquent aussi les situations où ils n’ont pas le choix : un défaut sur un objet (par exemple, un vêtement) ou en cas d’obsolescence programmée.

Sensibiliser tout au long du parcours de consommation des objets

Le gaspillage concerne un grand nombre d’objets, de situations et toutes les phases de la consommation. Toutefois, la conscience que chaque individu en a est souvent parcellaire. Il importe que les pouvoirs publics, au travers de leurs campagnes de sensibilisation, s’appuient sur la variabilité des situations identifiées pour élargir le spectre des représentations des consommateurs.

Alors on évite le gaspi ? En étant conscient.e de l’utilité de l’objet quand on l’achète, l’utilise, le stocke et s’en « débarrasse ». Un boulot à part entière !

Valérie Guillard et Eva Delacroix (2018), Dans quelle mesure un consommateur perçoit-il qu’il gaspille des objets ? Une approche situationnelle, Prix de la meilleure communication, Congrès de l’AFM 2018 à Strasbourg.

Publicités
Cet article, publié dans Consommation, Divers, est tagué , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Je n’arrête pas de gaspiller des objets et je le sais bien !

  1. Sonia Capelli dit :

    Bravo pour ce prix de la meilleure communication du congrès de l’afm, et pour une recherche avec une vraie utilité sociale!

    Aimé par 1 personne

  2. Gollety Mathilde dit :

    bravo aux auteurs !

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s