Et si on avait enfin trouvé LA SOLUTION pour augmenter le don d’organes post-mortem….

Inutile de rappeler l’importance du don d’organes aujourd’hui, avec un écart qui se creuse d’année en année entre les besoins de greffes d’organes et le nombre de donneurs.

Que faire ?

Le gouvernement a bien tenté de réagir. L’amendement de 2015 de la loi Cavaillet, entré en vigueur au 1er janvier 2018, instaure le principe du consentement présumé. Tout citoyen est considéré de fait comme un donneur d’organes potentiel sans nul besoin préalable du consentement de la famille, s’il n’a pas exprimé de son vivant le souhait de ne pas l’être en s’inscrivant au Registre National de Refus.

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Est-ce une bonne solution à ce problème sociétal?

Il semblerait que non, au regard des contestations de cet amendement par l’ensemble des parties prenantes (le corps médical, les citoyens, les associations religieuses, etc.) et sa remise en question. Le don d’organes, un acte altruiste par nature, ne peut devenir automatique !

Sommes-nous pour autant dans l’impasse ?

La lecture de l’article d’Inès Chouk et Sondès Zouaghi publié en 2018 dans Décisions Marketing m’amène à penser le contraire. Une étude quantitative de grande ampleur auprès de 11 285 porteurs d’une carte de donneur a été menée, grâce à l’accès octroyé par France ADOT (fédération des Associations pour le Don d’Organes et de Tissus Humains) à sa base de données. Parmi les personnes interrogées, deux groupes ont été distingués : les porteurs de carte ayant discuté avec leurs proches de leur volonté de donner post-mortem leurs organes (groupe 1) vs. ceux qui n’ont pas entrepris cette démarche, renommés « les donneurs d’organes silencieux » (groupe 2). En comparant les deux groupes, des résultats importants sont mis en avant :

  1. Les donneurs silencieux émettent des doutes quant au respect, par leurs proches, de leur volonté de  donner leurs organes si leur décès survient ;
  2. Plusieurs facteurs expliquent que les porteurs de carte n’osent pas en parler à leurs proches : un manque de conviction dans leur décision d’être donneur d’organes post-mortem, un manque de confiance en soi, une méconnaissance réelle du poids de leur proche dans la mise en application de leur volonté en cas de décès, et leur réticence de parler de la mort qui reste un tabou important.

Au regard de ces résultats, les auteures démontrent que pour augmenter le nombre de dons d’organes post-mortem, il est possible d’agir sur les donneurs silencieux pour que leur volonté soit in fine respectée par les proches.

Comment s’y prendre pour augmenter le nombre de dons d’organes post-mortem ?

Rien de plus simple, il faut briser la loi du silence en montrant aux donneurs silencieux à quel point ne pas informer leur proches de leur vivant peut compromettre in fine leur dessein. Différents leviers d’action se dessinent dès lors :

  • Les deux agences (France ADOT et l’agence Biomédecine) habilitées à octroyer des cartes de donneur doivent renforcer leur communication en rappelant sur leur site l’importance d’informer ses proches de sa décision ainsi que le rôle que ceux-ci peuvent jouer à terme dans respect de cette volonté ; tout en sensibilisant les porteurs de carte à ces enjeux via notamment des serious game.
  • Il faut développer l’engagement par étape des candidats au don d’organes en les sensibilisant progressivement à l’importance des proches, qui débouchera sur la réception d’une nouvelle carte de donneur pour laquelle la signature de deux de ses proches est requise.
  • Pour lever le tabou de la mort, il devient urgent de libérer la parole en mettant en place des espaces de discussion permettant au donneur silencieux de poser librement ses questions et de trouver réponse auprès de personnes ayant eu les mêmes difficultés. Identifier des leaders d’opinion ayant bénéficié d’une transplantation serait également un moyen efficace de briser ce tabou.

Que faire de plus ?

Contractons une carte de donneur au plus vite si ce n’est pas déjà fait… en n’oubliant pas d’en parler à nos proches !

Chouk, I. et Zouaghi S. (2018) : De l’empowerment à l’engagement : aidons les donneurs d’organes silencieux à parler à leurs proches, Décisions Marketing, 89, 11-27.

 

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