Le robot-compagnon : un ami trop humain ?

On les a rêvés, fantasmés ou craints ; ils sont aujourd’hui une réalité matérielle et économique. Leur potentiel de croissance est énorme. Les objets intelligents (aspirateurs  ou robots domestiques, voiture autonome) font petit à petit leur chemin dans la vie des consommateurs et promettent d’y occuper une place centrale d’ici les prochaines décennies. Ces nouveaux objets dits intelligents, qui brouillent la frontière traditionnelles entre l’humain et l’objet, doivent-il alors pour être adoptés, ressembler  le plus possible aux humains ou au contraire se rapprocher au maximum de la machine ? Des études ont déjà été réalisées concernant l’anthropomorphisation des objets, mais très peu sur les objets intelligents alors qu’une donnée de taille intervient : l’intelligence est considérée comme une donnée exclusivement humaine.

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Image issue de la série Real humans: des robots plus vrais que nature

Alain Goudey et Gaël Bonnin se sont donc intéressés à ces nouveaux objets de technologie en se focalisant sur le robot-compagnon ; machine qui sert au foyer et regroupe des fonctionnalités similaires à celle du smartphone (appel, messages, application, météo) par contrôle vocal. Ils ont étudié l’impact de l’anthropomorphisme de ces robots, c’est-à-dire la ressemblance physiologique ou comportementale qui leur est attribuée, sur l’intention de l’utiliser. Cet impact est envisagé selon l’utilité perçue et la facilité d’utilisation du robot conformément au modèle TAM (Technology Acceptance Model).

Les auteurs ont mesuré auprès de 172 femmes âgées de 25 à 55 ans, ayant une activité partielle et au moins un enfant présent au foyer, leur intention d’utiliser un des 3 robots plus ou moins anthropomorphisés dont on leur présentait la photo : Emox qui a seulement une tête, PaPeRo qui possède une tête avec deux yeux et deux pieds et Nao qui a une tête, deux yeux, deux bras et deux jambes). La conclusion est sans appel : son apparence humaine ne favorise pas l’acceptation du robot.

Les utilisateurs de smartphone préfèrent les robots humanoïdes !

Mais ils ont découvert que lorsque l’anthropomorphisme du robot est partiel, ce qui correspond à un robot « médian » ne présentant ni des caractéristiques complètement humaines, ni une apparence très claire de machine, l’impact est différent sur l’acceptation du produit selon que les interviewées déclarent utiliser ou non Internet sur leur smartphone.

Cela viendrait d’une difficulté de catégorisation du robot hybride, n’étant classé ni dans la case « humain » ni dans la case « objet » comme les deux autres modèles (Emox et Nao). Il semble en effet logique que l’utilisation ou non d’internet sur smartphone soit déterminante, puisque le mode de fonctionnement du robot très similaire à celui d’un smartphone pouvait être plus facilement rattaché à une catégorie de produits avec laquelle les interviewées sont familières.

Un calcul dangereux qui amène à se concentrer sur des produits dérivés

Les auteurs préconisent donc de ne pas se focaliser sur le développement de robots humanoïdes puisque les avantages sont faibles en comparaison de la complexité de ce développement. Pour eux, cela devrait plutôt être une stratégie de produits dérivés telle que celle développée par Honda avec le robot ASIMO.

Nos chers robot-compagnons semblent donc destinés à être des modèles uniques exposés dans des vitrines, plutôt que de potentielles nounous à domicile !

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